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 [Roman] ♦ La Boucle Infernale [En cours]

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Reiko

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MessageSujet: [Roman] ♦ La Boucle Infernale [En cours]    Lun 13 Juil - 23:35

La Boucle Infernale

Note de l'auteur :
C'est la première fois que je tente d'écrire une histoire "complexe", avec un début assez flou, et par dessus tout je ne suis encore qu'un amateur en la matière, et pas qu'un peu. De ce fait, je vous pris d'être indulgents, et si vous le souhaitez, de reporter vos critiques, bonnes ou mauvaises, >ICI<.
Il se peut qu'il y est quelques scènes "gores", le thème principal abordé ici est la mort (sous une autre forme, mais c'est quand même ça), vous êtes prévenus !
J'espère que cela va vous plaire, merci de me lire et surtout bonne Lecture !

Résumé :
Le 16 août 2016.
Elliot Mance est un jeune officier de 21 ans, du moins c'est ce qu'il croyait être. Après s'être évanoui subitement, il se réveille en n'étant personne. Aucune connaissance pour l'aider à comprendre qui il est vraiment et d'où vient ce rêve où il s'imaginait chargé d'une affaire, rien. Il n'a même pas le temps de se questionner qu'une entité mystérieuse à l'aspect d'une faucheuse d'âmes semble s'intéresser à lui. Plusieurs éléments s'enclenchent autour d'Elliot, qui malgré les incohérences qui se mêlent et la journée qui se répète sans cesse, cherche tant bien que mal son identité.
Qui est véritablement Elliot ? Qui est cet être surnaturel nommé « Faucheuse » ?


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Dernière édition par Reiko le Dim 14 Fév - 4:34, édité 8 fois
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Reiko

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MessageSujet: Re: [Roman] ♦ La Boucle Infernale [En cours]    Lun 13 Juil - 23:43

Prologue


   Le mystère, l'inconnu, voilà l'un des sujets qui alimente la peur. Quelle est la plus grande des frayeurs, ou, plus exactement, la plus grande incertitude qui pèse sur notre monde ? C'est ce questionnement qu'il se posa, bien que connaissant avec aisance sa réponse.
   — La mort.
Lorsqu'il prononça de sa vive voix, bien qu'étant seul, ces deux simples mots, des tourments emplirent ses pensées. Assis sur son vieux sofa penché en avant, les coudes sur ses genoux, les doigts s’entrechoquant et le menton se tenant sur ses mains reliées, il songeait, passant en revue chaque détail de la vision qu'il pourrait se permettre d'avoir à propos de ce monde, et tout particulièrement de cette dite mort. Mais il n'était pas nécessaire pour lui d'avoir de telles réflexions, car cet homme avait un savoir qui pourrait révolutionner l'univers entier, s'il le faut. Et pour cause ; il en connaissait son plus grand secret.


Entrepôt abandonné, le 16 août 2016 à 11h43.

   Se tenant là, debout, son corps dissimulé sous un drap noirâtre, semblait ne faire qu'un avec le sol froid de l'endroit. Ses yeux parcouraient le vieil entrepôt de maquillage maintenant désert dans lequel cet être surnaturel se trouvait. La chose ignorait sa venue ici, mais elle ne pensait sûrement pas, la forme corporelle des pires cauchemars de l'Homme avait-elle donc le loisir pour cela ? Peu importe, l'énergumène se contentait de poser son regard dans chaque recoin du bâtiment.
 L'unique entrée qui menait à l'intérieur du lieu était une porte coulissante défectueuse qui grinçait lorsque l'on forçait son ouverture, laissant ensuite place à une salle rectangulaire sans aucune fenêtre, n'ayant pour seule lumière que quelques maudites ampoules, dont la plupart grillées, pendaient au plafond. Les mobiliers qui remplissaient l'entrepôt étaient à la renverse, les produits de beautés et autres accessoires jonchaient le sol, se baignant dans ce fameux liquide rouge nommé « sang », dont la couleur n'égalait que le dégoût qu'il pouvait leur inspirer. Les cartons ici et là étaient déchirés et abîmés, bien plus qu'il y a quelques heures auparavant. Mais tout cela, ce n'était que des détails qu'elle s'amusait à observer, ce qui portait principalement attention à n'importe qui était sans nul doute le corps mort et démembré, entouré de sang, de cette victime ; une jeune fille qui venait à peine d'atteindre la majorité.
 Des pas accompagnés d'un souffle irrégulier arrivaient en trombe, cela eut le réflexe de lui faire cligner des yeux. De nouveau, la preneuse de vie regarda ce qui l'entourait ; il n'y avait plus rien d'anormal, seulement une rangée de meubles alignés et de vieux cartons dans un coin. La scène d'auparavant n'était sans doute rien d'autre que son imagination, qui sait? Mais ces pas, eux, étaient bel et bien réels. La mystérieuse présence pouvait deviner, à la forte respiration de l'inconnu, qu'il se dirigeait dans cette direction. La lumière perçante du Soleil venant de l'entrée qui éclaira son sombre tissus confirma cette idée, l'individu pénétra dans le bâtiment avec difficulté, la porte ne souhaitant pas coopérer avec lui.  L'ouverture accomplie, il eut à peine poser un regard dans la pièce qu'il pâlit et se figea, si bien que sa respiration s'était tut au même moment. Devant lui se trouvait un corps dont les formes étaient frêles mais pas moins inquiétantes, la peau, si peau il y avait, était entièrement recouverte d'un manteau noir qui ne laissait rien paraître, son visage était lui-même caché par une capuche qui n'avait pour but de ne montrer que les lèvres roses de l'être surnaturel. Le plus imposant restait néanmoins la faux qui l'accompagnait, elle n'était pas spécialement grande, mais cet outil dans les mains de ce genre de personne suffisait à glacer le sang du jeune homme.
 À la plus grande surprise de la chose, le garçon n'était pas le seul effrayé. Elle aussi, en croisant le visage de l'inconnu, avait éprouvé des sentiments qui lui étaient nouveaux. Ces traits finement dessinés, ces yeux verts feuilles, ces cheveux châtains, bouclés, et cette barbe mal rasée le vieillissant, c'était ce tout qui lui provoquait un certain malaise. Sauf que lui ne percevait pas la peur de l'autre, l'expression de celle-ci était, elle aussi, dissimulée.
 Ce qui était le plus étonnant, c'était le simple fait qu'il puisse la voir, elle n'avait jamais été visible de l’œil humain, ils ne faisaient que l'imaginer. Il était normalement impossible de voir la mort, ou autrement appelé la faucheuse d'âmes, pourtant, cet homme-là venait de la rencontrer.

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MessageSujet: Re: [Roman] ♦ La Boucle Infernale [En cours]    Jeu 6 Aoû - 16:08

Chapitre I : Entre rêve et réalité

Entrepôt abandonné, le 9 août 2016, à 14h57.

    L'officier Mance, ou de son nom Elliot, s'avança fièrement jusqu'à l'endroit indiqué ; soit un ancien entrepôt de maquillage, délaissé depuis quelques années. Juste devant la bâtisse, il enfila sa tenue immaculée blanche, passa sous la bande jaune qui délimitait la scène de crime, et se décida à entrer, suivi de près par l'un de ses collègues, pendant qu'un autre interrogeait un groupe d'enfants.
En apercevant le corps d'une jeune demoiselle, il ne put s'empêcher de détourner les yeux. Elliot n'y était pas encore habitué, c'était la toute première fois qu'il travaillait sur un meurtre. Son acolyte, voyant sa réticence envers le corps, s'approcha de lui.
   — Ne t'en fais pas, à force, tu t'y feras, le jeune.
L'interpellé le fixa, nerveux. Le jeune. En effet, il portait bien son nom. Cela ne faisait que 21 années que le jeune Elliot vivait, et son statut était déjà si élevé, cela relevait du miracle qu'une personne aussi peu expérimentée puisse atteindre le grade d'officier de police en aussi peu de temps. Lui-même ne pouvait expliquer, comment il en était arrivé là.
   — C'est bon, je m'y fais déjà. Bon, allons-y.
Il s'avança, bien déterminé à faire le métier de ses rêves avec toute la passion qui l'a toujours alimenté et mené jusqu'ici depuis l'enfance. Il décrivait le corps de la victime comme s'il récitait une poésie, on relevait le trac dans sa voix chancelante mais gagnant peu à peu confiance en ses paroles, et pendant ce temps, son compagnon prenait des notes.
  La décédée portait des marques de coups, était tranchée au niveau du ventre et l’œil droit lui avait été retiré. Suite aux marques sur le corps de la femme et de ce qui entourait Elliot, il pouvait supposer que la victime s'était débattue et que l'assassin avait agi sous l'impulsion. Le tout semblait avoir été fait, il n'y a pas longtemps, étant donné que l'odeur nauséabonde que font les morts pourrissants n'était pas présente ici. Mais cela ne restait que quelques réflexions, l'officier savait qu'il était trop tôt pour en faire une conclusion.
 Après avoir passé en revue le corps et l'état dans lequel était le lieu, Elliot retourna dehors, auprès des témoins. Trois adolescents, mous, timides, mais surtout sous le choc, avaient alerté la police à la découverte du mort.
   — L'un d'eux était sorti « en douce » hier soir, en passant par là, il a entendu des hurlements provenant de l'entrepôt.
Un collègue lui raconta comment ces enfants avaient découvert la défunte.
    — Le lendemain, avec ses deux amis, ils sortent et repassent par ici. Ils décident d'aller jeter un coup d’œil, par amusement et curiosité, à l'endroit, après avoir parlé ensemble de ce qu'il s'était passé la nuit dernière, et voilà.
   Le témoignage confirma l'idée dans laquelle s'était orienté Elliot ; le meurtre était récent.

Le 10 août 2016, à 8h12.

     De bon matin, Elliot était déjà sur place. Arrêté devant le bâtiment, le novice se demandait par où il pouvait bien commencer. Interroger les maisons voisines lui semblait être la meilleure idée, mais à cette heure-ci, il ne risquait pas de collecter beaucoup d'informations.
 Il s'approcha de la scène de crime, un peu songeur face au détail l'ayant légèrement alerté. La bande jaune délimitant la scène tombait et la porte coulissante était grande ouverte. Quelqu'un a-t-il pénétré ici ? se demanda l'officier.
   Une fois entré, il remarqua tout d'abord que l'endroit était dans un désastre pas possible, contrairement à hier, où il n'y avait qu'un seul meuble à la renverse. Un idiot s'est amusé à venir sur une scène de crime, j'en reviens pas ! Agacé de la nouvelle, Elliot prit sa lampe de poche afin d'avoir un aperçu de l'étendue de la catastrophe qu'avait provoqué le visiteur.
    — Qu'est-ce que... ?
Le jeune adulte n'en revenait pas, sa trouvaille... c'était un corps, un nouveau corps reposant ici, au même endroit que la veille. Une jeune fille, dans la vingtaine, étendue sur le dos, le visage à moitié arraché. Elle possédait la même entaille au ventre que son prédécesseur, ce meurtre était similaire à celui d'avant. L'assassin devait être un sacré psychopathe pour tuer deux personnes aux mêmes caractéristiques de la même manière et au même endroit, alors que le lieu en question était une scène de crime ! Du moins, dans le cas où les victimes sont du même agresseur.
  Ne perdant pas davantage de temps suite à cette découverte, le jeune homme contacta son équipe.

Appartement d'Elliot, le 15 août 2016, à 23h32.

   On entendait seulement les aiguilles de l'horloge qui tournaient bruyamment, accompagnées du vent soufflant dans ses cheveux. L'enquêteur cogitait, les avant-bras posés sur le rebord du balcon, le regard balayant un ciel d'été. L'obscurité rendait l'angoisse du penseur d'autant plus visible, son esprit se détraquait lentement au fil des secondes qui passaient.
 Il ne comprenait simplement pas. Je suis un incompétent. Cette phrase tournait dans sa tête, comme tournent les aiguilles de cette horloge derrière lui.  Il n'avait aucun indice, aucun suspect, rien ! Juste quelques suppositions vite oubliées. Il tournait en rond ; tout tournait comme tel chez lui, des aiguilles jusqu'à son être.
  Elliot baissa les yeux, le regard face au peuple, face au bas, au monde humain. Il n'apercevait que ce que les lampadaires de la ville voulaient bien lui montrer. Tu es là, quelque part. Ne cessant d'observer le moindre mouvement de la moindre personne, il fit un récapitulatif. Les victimes ont toutes un point en commun, elles sont de jeunes adultes, tuées au même endroit, chaque nuit depuis le 9 août, et à chaque découverte du corps le lendemain, la victime semble dans un état pire encore que la précédente, mais gardant toutes cette même entaille au niveau du ventre. Connaissant l'emplacement exact du prochain meurtre, ils avaient bien tentés d'avoir l'assassin au vif, l'entrepôt était sous surveillance, mais rien n'y faisait, dès l'aube, un nouveau corps, une nouvelle vie tombait. Comme si ces jeunes filles apparaissaient sans raison, ici. Et devant ce phénomène inexplicable, aucune preuve à l'appui. L'officier en devenait fou, son assurance déjà peu présente disparaissait à chaque découverte d'une autre morte.
  Elliot se décida finalement à rentrer dans l'appartement, s’allongea dans son lit, et se murmura à lui-même ces quelques mots, avant de s'endormir.
   — Demain, ce sera le même drame... !

Entrepôt abandonné, le 16 août 2016, à 9h21.

    La même routine, une routine morbide, Elliot devait se rendre une nouvelle fois à l'entrepôt. Sur le chemin, une voix enfantine l'appela.
  — Hé, toi ! C'est fini.
Un petit garçon, habillé de la tête aux pieds tel un chirurgien. Face à l'accoutrement, Elliot frissonna, il détestait tout ce qui se rapprochait des hôpitaux. Puis simplement ce garçonnet lui rendait d'étranges frémissements. Mais plus important, il se questionna sur ce que pouvait bien raconter ce gamin.
   — Tu crois qu'il voulait dire quoi par « c'est fini » ?
   — De quoi tu parles ?
   — Ben, l'enfant qui vient de passer !
   — Quel enfant… ?
Elliot leva les yeux au ciel en signe d'abandon, mais il n'avait plus le temps d'y réfléchir, le voilà arrivé à destination. Bon, voyons ce massacre... Posant pied sur l'unique lieu du crime d'un tueur en série encore inconnu, il s'accapara de sa lampe afin d'y voir le corps et le visage de la victime d'aujourd'hui. Ce meurtre-ci semblait avoir été réalisé avec un soin bien plus voyant que ceux accomplis antérieurement, il était différent... un simple coup, d'une quelconque lame, au niveau arrière de la côte gauche. La jeune fille s'était sûrement vidée de son sang suite à cette blessure jusqu'à ce que mort s'ensuive. Cette tuerie-là avait été faite avec davantage de précision, sans cette « barbarie », « boucherie » bien singulière à ce criminel, à tel point que l'officier doutait si cette agression provenait de la personne qu'il recherchait. Il observa sa montre, elle indiquait qu'il était neuf heures et demie.  
  Sans plus attendre, il tourna le corps afin d'avoir un aperçu de son visage. Oh, ce minois, il était doux et dur à la fois et n'avait pas été amoché. Soudain, l'inspecteur fut pris de violents vertiges, à ce moment précis, ses paupières se fermèrent indépendamment de sa volonté et son corps se fracassa lourdement contre le sol. Elliot s'était précipitamment évanoui.

Hôpital, à 9h30.

    Le jeune adulte n'avait pas encore ouvert ses yeux, mais il sentait son corps endolori reposer sur un lit qui ne semblait pas être le sien, et quelques bruits lointains autour de lui. Quelques minutes après, il ouvrit ses paupières et se releva trop brusquement, sa tête tourna et son corps se relâcha de nouveau en arrière. Aussitôt, Elliot décida d'observer autour de lui ; à sa droite, des volets fermés ainsi qu'un peu de lumière au travers des trous, et à sa gauche, juste une porte. Le malade ne réalisa pas tout de suite qu'il était dans une chambre d'hôpital, mais dès lors que ça lui traversa l'esprit, il se mit à suffoquer et à voir flou.
  De l'aide, quelqu'un pour le sortir d'ici... Elliot avait les membres qui tremblaient. Il trouva avec difficulté le bouton rouge d'appel et appuya avec acharnement dessus. Le fait de savoir qu'il était dans un hôpital le perturbait, rien que le nom le rendait mal à l'aise.
Finalement, une infirmière accourra dans la chambre, le palpa et essaya de l'apaiser.
   — Détendez vous et écoutez moi, monsieur Mance...
   — Je fous quoi ici ? Laissez-moi sortir !
   — Détendez vous et je vous expliquerai en détail, reposez vous... !
À ses mots, il inspira, puis expira, et recommença, jusqu'à retrouver son calme. Elle l'informa ensuite qu'il y a trois ans, il s'est fait renverser par une voiture et est tombé dans un coma depuis l'accident. Elliot n'en revenait pas, cela ne pouvait pas être possible, rien qu'hier il tentait de résoudre une énigme ! Voyant son visage se décomposer, la brune lui parla d'une voix sereine et douce.
   — Écoutez, je suis consciente que c'est dur à accepter, mais le plus important est que vous soyez sorti de ce coma. Aujourd'hui, nous sommes le 16 août 2016, et il est... elle se tourna vers l'horloge au dessus de la télévision, 9h33.
   — Quoi ? C'est pas possible, il y a à peine trois minutes, j'étais sur une enquête !
  — Vous devez l'accepter... je reviens, ne vous inquiétez pas nous allons vous aider.
Elle partit ensuite, laissant le jeune Elliot dans la confusion et l'incompréhension la plus totale.

à 11h26.

    Le pseudo enquêteur était rempli de questions. Depuis son départ de l'hôpital, des nouvelles toutes aussi ahurissantes les unes que les autres s'immiscèrent. Tout d'abord, ce dit accident, il n'a aucune idée et ne se souvient d'aucun élément de cette époque. Ensuite, à son travail, plus personne ne le connaît lui et les meurtres en série, il n'est pas reconnu comme l'officier qu'il pensait être.              
  Finalement, Elliot se demandait s'il avait ne serait-ce qu'une seule personne à qui s'accrocher, à qui il pourrait demander ce qu'est la réalité et ce qu'il ne l'est pas. Mais personne, pas une famille, rien, le soi-disant officier ne connaissait même pas son passé ; il ne savait pas qui il était.
 Cela faisait bientôt un quart d'heure que le jeune homme marchait sans se soucier de la destination, perdu dans toutes ces révélations et ses pensées qui habitait son être. Il avançait, avançait, continuant ainsi d'un pas lent. Des questions défilaient dans sa tête, il essayait de se souvenir de ce qu'il s'est passé juste avant son malaise. Plus Elliot se remémorait cet instant, dans l'entrepôt, juste devant la morte, plus cela lui semblait réel. Il n'arrivait pas à accepter sa vie d'inspecteur comme étant une simple invention pendant un coma.
  Non, ce n'était définitivement pas possible, c'était... si vrai ! Il doit y avoir une explication, il y en a nécessairement une, l'officier Mance n'est pas un mensonge, peu importe s'il n'arrive pas à comprendre comment il en est arrivé là, il est maintenant ici et c'est tout ! Déterminé à comprendre ce qui s'est passé, et à prouver aux autres qu'il mérite son titre, qu'il n'est pas qu'un charlatan ayant rêvé d'une vie d'enquêteur, Elliot dévia de son chemin initial, et se dirigea sans réfléchir vers l'entrepôt abandonné ; là où tout a commencé.

Entrepôt abandonné, à 11h43.

    Son souffle était irrégulier, son cœur palpitait, Elliot avait couru jusqu'ici. Bien qu'il savait que cela ne mènera à rien de venir là, il voulait tenter. Qui ne tente rien n'a rien, se disait-il en souhaitant avoir une révélation une fois sur les lieux. Sa course avait été remplie d'espoir, mais elle était aussi source de désespoir. Il savait simplement que cet entrepôt ne contiendrait rien d'autre que lui ; un idiot brisé. Pourtant cette idée ne l'empêchait pas d'y aller, car le jeune homme voulait en avoir le cœur net.
  Maintenant qu'il était là, devant cette porte coulissante, reculer n'était plus permis. Il attrapa le trou qui servait de poignée, tira dessus, essayant de faire dégager la ferraille de son passage, mais celle-ci ne broncha pas, se contentant de faire un bruit de rouille. L'adulte soupira, exténué de toutes ces découvertes au point que le moindre détail négatif de sa vie l'épuisait moralement. Mais il ne baissa pas les bras bien longtemps, il reprit appui sur la porte et la secoua, la tirant vers la droite quitte à casser le mécanisme, jusqu'à avoir une vue sur l'intérieur du bâtiment... oh bordel !
  Un inconnu était devant lui, à quelques mètres à peine, il semblait tout d'abord « déguisé » comme une faucheuse avec sa faux, ou une légende dans le genre, mais ce qui surprit Elliot fut cette aura que dégageait la personne d'en face. Comme si... comme si ce n'était pas un être humain, une « chose » surnaturelle qui n'avait pas sa place ici, dans ce monde, ou du moins n'aurait pas dû être aperçu de l'homme. Peut-être était-ce le visage caché de la personne qui le rendait si mystérieux, mais ce détail pourtant simple mettait Elliot dans l'inconfort. En voyant l'individu, il voulait juste fuir le plus loin possible de cette « personne ». Il ne se posait même pas de questions sur la présence de l'autre à cet endroit ou sur qui il était, partir... il n'y avait que cette pensée qui lui traversait l'esprit. Et c'est lorsqu'il enclencha le pas et tourna le dos au drôle de gaillard qu'il sentit une lame frôlant son cou, prête à trancher sa gorge et le retenant de s'en aller. Bien assez vite, il reconnu la faux que portait le mystérieux être qui semblait se maintenir juste derrière lui.


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MessageSujet: Re: [Roman] ♦ La Boucle Infernale [En cours]    Sam 13 Fév - 2:32

Chapitre II : Les grands esprits se rencontrent


   L'instinct guidait ladite créature. Elle avait de la curiosité à l'égard de l'étranger qui venait de pénétrer dans son endroit. Cet entrepôt lui appartenait, il était son histoire. Puis, ce jeune garçon aussi était sien. Son visage lui faisait découvrir des émotions qui lui étaient inhabituelles, la peur, la tristesse, la joie, la jalousie... ces sentiments inconnus émanaient d'elle et il en était la cause. Après lui avoir fait subir ce genre de sensations désagréables, cette personne osait vouloir s'enfuir ! Mais sa tentative échoua, la conscience voulait le garder rien que pour elle, il ne pouvait être partagé.
  Lame à son cou, elle avança doucement vers l'homme en glissant sa main contre le manche, dans un silence qui lui était pesant. Le cœur d'Elliot battait la chamade au fil des secondes qui défilaient. Ma mort approche, c'est ce que pensa l'effrayé. La mort s'approche, c'est ce que pensa l'effrayante. Elliot prit la parole, un peu hésitant.
    — Qu... qu-que me voulez-vous ?
Il eut pour réponse à sa question seulement le bruit du vent. Il attendit tout d'abord, espérant un signe d'abandon de la part de l'agresseur, mais rien. Seul le souffle derrière lui, tout près, lui traversait l'oreille. Si proche de lui... ce fut la réponse idéale pour celle qui se considérait comme étant le néant. Cette respiration qui résonnait dans sa tête le mettait dans l'inconfort. Il baissa légèrement les yeux, pour y apercevoir un minuscule espace entre cette lame et son cou. Il vit en ces quelques centimètres qui le séparait de la mort une occasion. C'est pourquoi l' « officier », dans un élan de courage, dévia la faux qui lui barrait la route d'un geste adroit et vif, digne de son « grade », et se tourna vers l'autre en lui adressant :
    — T'es qu... ?
L'intéressée n'en attendant pas moins, piquée au vif et croyant à une attaque de sa part, lâcha son arme et essaya de l'étrangler. Ses doigts le lacérait, l'étreignait. Elle ne voulait pas le lâcher, surtout pas ! S'il s'enfuyait, s'en serait fini ! Il n'avait même pas eu le temps de terminer sa phrase. Elle ne serrait pas son cou, elle ne faisait que le maintenir ; il ne devait pas s'enfuir d'elle. Son visage apeurait la chose mais l'attirait, étrangement. Le gardant sous son contrôle, elle écarta finalement ses lèvres roses et lui murmura :
    — La mort.
L'inconnue avait beau avoir des doigts glacés et une force surhumaine, ainsi qu'une aura inquiétante, ajouté à cela son accoutrement, il en fallait tout de même davantage pour faire croire l'incroyable à Elliot. Même les événements récents qui l'ont conduits ici ne pouvaient lui faire changer d'avis aussi facilement. « La mort » ?... cette simple réponse avait suffit pour rendre un potentiel danger en une farce comique. Il n'y avait aucune forme de mort ici pour l'ex officier, seulement une personne à la personnalité dérangée. Impossible à dire si c'était lui ou elle qui était devenu aliéné de réagir ainsi, mais cette force qui le maintenait n'y pouvait plus rien, à présent qu'Elliot se persuadait qu'elle n'était pas une menace. N'y voyant alors devant lui qu'une pauvre folle, il essayait de se débattre au possible, mais celle-ci mit fin à sa tentative désespérée en le lâchant grossièrement. Les deux personnages changeaient tout aussi vite de comportements l'un comme l'autre, d'une façon ahurissante... et puis, de toute façon, la « mort » avait eu une meilleure idée. Son geste était donc totalement justifié, dans sa tête.
  Elliot reprit son souffle, affalé sur le sol. Il était tombé sur le derrière, il s'en sortait plutôt bien au final. Il fixait l'ombre au-dessus de lui qui ramassait son arme en continuant de le fixer. Il n'aspirait plus à s'enfuir directement, elle ne lui faisait plus peur, enfin c'est ce qu'il s'étonnait à croire. Il recula doucement en arrière, rampant, puis se leva d'un geste lent, afin de ne pas sembler brutal. Un pas après l'autre en marche arrière, il alla vers la sortie de l'entrepôt, elle en faisait tout autant que lui, gardant la même distance entre les deux. Elle l'imitait, il comprit alors que ce ne serait pas aussi simple que cela de se débarrasser de cette créature.
  Il en avait trop vu pour son esprit tourmenté. Prenant finalement ses jambes à son cou, le fuyard décida de lui tourner dos et de s'en aller ; direction son appartement. Mais elle le suivait, elle laissait un espace de la même longueur entre eux deux. Elliot la sentait le suivre et se tourna de nouveau vers elle, leva les yeux au ciel en la voyant s'accrocher à lui et il se mit à courir de nouveau, bien décidé à la semer. Derrière lui, il sentait une aura le poursuivre, le lier, l'attacher. Ils arrivèrent jusqu'au quartier populaire ainsi, dans cette atmosphère. L'adulte s'arrêta, se retourna et fixa celle qui le suivait. Le bilan de la journée allait le rendre malade, il devait sortir toute sa haine sur quelqu'un. Et cette détraquée le pourchassant était la personne idéale. Alors, il lui cria, las, en pleins milieu du trottoir :
    — Bon, qu'est-ce que tu me veux à la fin, sale dégénérée ?
Quelques passants le regardaient avec incompréhension, le prenant pour un fou. Un enfant qui avait assisté à la scène demanda à sa mère « Pourquoi le monsieur parle tout seul ? » en regardant Elliot du coin de l’œil. Tous ignoraient la personne à qui avait été adressé le message. Le jeune homme comprit qu'il était le seul qui puisse la voir lorsque certaines personnes « traversaient » la conscience en face de lui. Je délire... c'est pas possible,  je deviens fou... se murmura Elliot à lui même. La population autour de lui en pensait de même, suite aux réactions de ceux proches de lui. Les regards l'assaillaient psychologiquement, il avait l'impression que tous le jugeait. Il souhaitait se cacher dans un trou et ne plus en sortir. Un malaise le parcourait, lui ne pouvait que fixer cette chose qui était la cause de sa crise. Ses membres tremblaient. Il n'arrivait pas à y croire. Des gens, des personnes, dans la rue, de vraies personnes ! Voilà qu'elles passaient le « corps » de ladite dégénérée.
Après avoir fait un effort incommensurable pour prendre connaissance de l'étrangeté dans laquelle il était, Elliot se dirigea vers son appartement sans oser se tourner à nouveau, alors que la « mort » le suivait toujours de la même manière. Son choc passé, il se demandait ce qu'il pouvait bien faire d'autres que d'ignorer cette hallucination. Lorsque rien n'a de sens, mieux vaut oublier et ne pas se poser de questions, telle était son excuse pour abandonner si lâchement ses principes.

Appartement d'Elliot, à 12h16.

  Elle se retrouva devant lui, faux en main et silencieuse. Dès lors qu'il eut ouvert sa porte d'entrée, elle s'était positionnée juste en face de lui. Si rapide. C'est vraiment le fruit de mon imagination ? Elliot ne bougea plus. Il attendait qu'elle fasse un mouvement, n'importe lequel. Il passait de l'observation de sa tête à son arme. La « mort » en face de lui semblait se préparer, mais à quoi ? Elle leva une nouvelle fois cette fameuse faux subitement et dans un geste brutal, l'abattit sur Elliot sans qu'il ne puisse ne serais-ce que se rendre compte de ce qu'il vient de se passer. Le tout se passa très dynamiquement, en pas plus de cinq secondes. Il voyait flou, se tenait sa plaie. Il ignorait même d'où provenait sa blessure quand bien même il la tenait, il avait mal de partout. Incapable de réfléchir, Elliot n'aspirait qu'à une seule chose. De l'aide... quelqu'un pour lui venir en secours. Sa douleur était telle qu'il se s'agenouilla à terre, les mains ensanglantées.
    — Argh... !
Ce fut ses derniers mots avant que l'adulte ne ferme une nouvelle fois ses yeux et s'écroula sur le sol. Jusqu'au dernier instant, il avait fixé l'agresseur ; elle souriait. C'est en se demandant qui était réellement cette étrange créature qu'il s’évanouit, une fois encore.
    — Tu restes avec moi.
Une voix féminine sortit des lèvres souriantes et pulpeuses de la mystérieuse inconnue qui se présentait comme étant la Faucheuse. Elle ferma la porte, se baissa vers le corps et le traîna avec une facilité troublante vers son lit. Elle ne savait qu'à moitié ce qu'elle faisait, mais l'impression d'une mission à accomplir la guidait. Dirigée par un instinct bestial, son semblant d'être lui criait de le garder vers elle.

Le même jour, à 0h37.

  Un sentiment de déjà vu. Elliot reprit conscience, ses yeux n'étaient pas encore totalement ouverts. Lorsqu'il réalisa qu'il était dans son lit, une plaie pansée à l'épaule gauche, son corps entier se figea. La main sur les bandages, le blessé se rappela de l'existence de la folle qui l'avait suivi jusqu'ici. Son esprit était en pleine confusion, aucun événement qu'il ait vécu ce jour-là était possible ou habituel. Rien n'avait d'explication, ni cette blessure ni le reste.
    — Tu es réveillé.
Dans le fond de la chambre, elle l'observait s'élever doucement, son corps tremblant. En l'entendant s'adresser à lui, il fouilla du regard la pièce, apeuré. Il ne l'avait pas directement vu à cause de l'obscurité, mais dès lors que ce fut le cas, Elliot la fixa farouchement. Elle était dangereuse, mais une haine inexplicable était plus forte que sa peur. Il justifiait cet acte de rébellion contre sa raison par le fait qu'il soit au bord du gouffre, qu'il n'ait plus goût à la vie et ne s'accroche plus à vivre. À  quoi bon... je m'en fiche. Du moins, c'est ce qu'il s'illusionnait à se faire croire. Malgré ces pensées pessimistes, son corps ne le trompait pas ; il avait peur d'elle et peur de mourir.
  Elle s'avança. Il plaqua son dos contre le mur. Doucement, il plia ses jambes contre lui au fur et à mesure qu'elle s'approchait. La « mort » n'était plus qu'à quelques centimètres de lui, sur le rebord de son lit. Lorsqu'il la vit si proche de lui, un sentiment de dégoût lui traversa la tête. Sous l'impulsion guidée par une certaine rancœur, Elliot poussa l'individu violemment. Si bien qu'elle tomba du lit et que sa capuche se déblaya en arrière.
    — Qu-que...
Il ne finit pas sa phrase. Il en avait perdu les mots. Une jeune et belle femme aux cheveux blonds se cachait derrière ce bout de tissu noir. Le peu de lumière qui traversait sa chambre, en provenance de la rue, éclairait une peau très claire, presque blanche. Cela lui donnait l'impression qu'elle était un ange. Ses yeux couleurs noisettes observaient le garçon avec étonnement et peur. Elle semblait perdue, choquée et sur le point de s'évanouir. La blonde ne supportait pas le regard dur de celui en face d'elle. Ses yeux s’écarquillèrent et sa main frêle palpa son visage surpris, elle voulait vérifier si son identité était réellement à découvert. Elliot se contenta de la regarder, abasourdi. Il avait encore du mal à croire au pétrin dans lequel il était.
    — Ma faux... !
Elle se leva en un éclair. Cherchant son outil, elle tourna dans toutes les directions avant de finalement trouver sa faux dans un lourd soulagement lisible sur son visage. Suite à cela, elle adressa un dernier regard au blessé et s'enfuit sans se retourner. Elliot resta planté là, se contentant d'assister au spectacle. Son cœur battait la chamade, il était toujours autant paralysé par la peur.
  Un sursaut lui survint lorsque la porte claqua peu après le départ de la blonde. Il calma ses frayeurs et sans perdre une seconde de plus, l'agressé se leva et se dirigea vers l'endroit où devait être le téléphone. Il devait signaler cet incident, ou au moins la plaie qui tiraillait son bras. La douleur était tellement insupportable qu'il dévia de son chemin initial pour aller dans la salle de bain ; vers sa pharmacie. Le jeune adulte avala simultanément deux médicaments contre la douleur et bien qu'il doutait de l'effet apporté, c'est ça de prit se disait-il.
  Mais ensuite, impossible de trouver son téléphone portable, son domicile ne marchait pas non plus et une certaine fatigue se faisait ressentir en plus d'une douleur qui ne s'allégeait pas. Cela faisait bientôt une demie-heure qu'Elliot cherchait désespérément un moyen de contacter l'extérieur, mais alors qu'il semblait abandonner pour aller à l'Hôpital en personne, la fatigue l'agrippait tant et si bien que son muscles refusèrent de coopérer. Son corps ne pouvait que capituler et lui ordonner d'aller dormir. Bien que sa conscience tentait de refuser l'offre.
    — Il faut que j'y aille... se dit-il en baillant avant de s'assoupir sur son tapis tâché de sang.

Centre-ville, à 1h13.

Un enfant.
Un enfant vagabondait à travers la nuit pour passer le temps infini qu'il avait devant lui. Il tournait autour d'un banc vide à la recherche de réponses introuvables. Le jeune garçon finit par s'y asseoir, ses notes volées en main. Il lisait à l'aide du lampadaire, relisait et recommençait, cherchant à comprendre ce que voulait bien expliquer ces bouts de mots éparpillés dans ce calepin. Le bruit des gens autour de sa personne l'agaçait et il les prenaient pour responsables de son manque de compréhension vis-à-vis de ce qu'il étudiait. Mais malgré tout, le petit ne voulait pas partir seul dans un endroit plus calme pour mieux réfléchir, car la solitude l'apeurait.
  Son accoutrement était peu commun des autres jeunes de son âge. Une tenue de chirurgien. Il possédait également un scalpel qu'il caressait du bout des doigts de sa main gauche, tandis qu'il tenait un carnet de la main droite. Lui-même ne savait pas comment il avait fait pour en arriver là, mais une chose était sûre, cette fine lame était ce qu'il considérait comme son trésor. Cette valeur inestimable qu'il accordait à un simple outil de médecine était aussi un mystère, mais il ne pouvait nier ses sentiments, quand bien même ils ne savaient pas d'où ils provenaient.
  Un simple coup d’œil à cet objet et le voilà emplit de souvenirs et nostalgie. L'existence de ce scalpel lui rappelait que cette réalité n'était pas la sienne, il n'est qu'un perturbateur ici. Je n'y ai pas ma place... pensait-il mélancoliquement. Cette idée ne le rendait pas triste, seulement... cela le tracassait. Son esprit logique le poussait à vouloir justifier le moindre acte incohérent et dans ce domaine-là, l'enfant venait d'atteindre son sommet. Seuls ces quelques rapports dans ce petit format qu'il détenait lui donnait un semblant de raisonnement lui permettant de comprendre sa situation. Mais le problème était que ce que racontait le texte sonnait comme étant davantage invraisemblable que ce à quoi il assistait.
  Les réflexions du petit bouclé poussées à bout, il abandonna « pour le moment » et se changea les idées en observant autour de lui. Une foulée de personne dans un coin près d'un arrêt de bus s'impatientent de retrouver la ligne de nuit. D'autres déambulaient jusqu'aux ruelles voisines et certains étaient aussi perdus que lui... il y avait peu mais de tous les cas, néanmoins rien d'intéressant pour un garçon de sa trempe. Bien vite, l'ennui s'installa aux côtés de la paresse. L'un l'encourageait à se lever tandis que l'autre l'en dissuadait. Mais les deux idées opposées s'effacèrent bien vite lorsqu'un élément extérieur attisa sa curiosité plus que tout autre.
  Une jeune femme aux cheveux d'or et aux vêtements sombres errait dans la ville. Elle n'avait pas de quoi intriguer l'enfant, ce qui l'attirait était cet outil qu'elle tenait dans ses mains ; une faux. Il fouilla rapidement dans son bloc-note avant de finalement relever fièrement une page où il y avait l'information qu'il cherchait. Il lu rapidement le paragraphe et s'arrêta à la phrase « Homicide volontaire sans préméditation, […] arme du crime : faux [...] ». Il songea d'abord à une coïncidence grotesque, mais le comportement de la blonde lui fit changer d'avis.
  Elle s'était recroquevillée sur elle même à côté d'une fontaine entourée d'éclairages, caressant son instrument dans ses bras, à une dizaine de mètres du garçon. Le petit « chirurgien » enfonça son carnet dans sa poche et s'avança vers la drôle de dame à l'allure pathétique. En s'y approchant, il entendait vaguement des chuchotements.
    — À moi à moi à moi à moi à moi à moi... rien qu'à moi à moi à moi à moi...
Il l'observait en avançant de plus en plus, sans se soucier que cela puisse la gêner. De toute manière, elle ne pouvait le voir. Tandis qu'il n'était qu'à quelques centimètres d'elle, la tête de l'inconnue se releva subitement dans sa direction. Il eut un soubresaut et ses yeux ne tardèrent pas à s’affoler. Elle le fixa avec étonnement, attrapa son bras et approcha son visage de lui.
    — Ces yeux... ils sont deux. Jeune, verts, ils sont deux. Deux E...
    — Lâche moi !
L'enfant se dégagea de l'agrippement d'un geste vif et agressif, si bien qu'elle valsa en arrière, sur le rebord de la fontaine. Elle lui lança un regard, ébahie, avec une once d'admiration dans les yeux. Elle lui sourit très sincèrement, d'un sourire qui illumine une journée. Juste avant de disparaître sous ses yeux.
  Le jeune garçon tourna sa tête dans tous les sens et se rendit rapidement compte qu'elle n'avait pas simplement disparu, elle s'était seulement déplacé à une vitesse incroyable, même pour lui. Mais à présent qu'il avait eu vent de son tour, il pu la voir s'enfuir sans difficulté. Il commença à courir vers elle, d'une vitesse du même niveau. La femme passait au travers des gens, tout comme lui. Tu es comme moi... ne t'en vas pas ! suppliait-il, en continuant sa poursuite. Elle le fuyait, remettant sa capuche afin de se camoufler davantage, mais cela ne suffisait pas. Sans crier gare, elle tourna les talons vers lui, ce qui eut pour effet de l'arrêter de surprise. Il cligna des yeux et en l'espace d'une demie-seconde, elle avait de nouveau disparue.
  L'enfant avait perdu sa trace. Pas étonnant, avec cette obscurité. Elle l'avait amenée loin du centre-ville, dans un endroit où la lumière était peu présente. Il caressa son scalpel du bout de son pouce afin de se calmer et d'encaisser cette nouvelle découverte. C'était la première fois qu'il rencontrait une personne détachée de ce monde, tout comme lui. Réfléchissant rapidement, il conclut qu'elle ne devait pas être loin. Il vit dans son champ de vision non loin de lui la porte coulissante d'un ancien entrepôt ouverte, elle devait sûrement se cacher là.

Entrepôt abandonné, à 1h38.

  Seuls les pas du petit « chirurgien » brisaient le silence ambiant du bâtiment. Grâce aux lumières de la ville en dehors, il pu constater que celle qu'il recherchait n'était pas ici. C'était sûrement un leurre... conclu-t-il en se dirigeant vers la sortie. Rien ne le retenait de partir, il n'y avait rien d'autres que quelques meubles et babioles traînant au milieu de la poussière, donc aucune raison de rester. Du moins, c'est ce qu'il pensait avant d'entendre des gémissements se rapprochant rapidement vers lui.
  Ça venait de dehors et semblait venir tout droit vers l'endroit où était le jeune garçon. Il passa sa tête à l'extérieur et vis la blonde arrêtée à une dizaine de mètres de la porte coulissante, essoufflée et adossée au mur adjacent. Elle avait la tête en arrière, comme observant derrière elle, semblait se cacher et était trop préoccupée par ce qu'il se passait là où elle regardait pour apercevoir l'enfant devant lui. Le garçon se serait hâté de venir à sa rencontre s'il n'avait pas vu lui aussi qui était en train d'observer la blonde. Une silhouette similaire à la jeune femme, encapuchonnée sous la même veste noire et tenant la même arme. D'ailleurs, l'apeurée n'en avait plus, de faux. On aurait pu confondre ces deux personnes, à peu de choses près. La fuyarde paraissait vouloir pleurer, crier. Tandis que l'autre personne au visage caché, ne révélant que son grand sourire malsain, avait l'air imperturbable. Le jeune « chirurgien » ignorait même si l'individu le voyait.
    — Où te caches-tu, pourquoi ne viendrais-tu donc pas histoire que je te crève tes jolis petits yeux ?
La voix mielleuse mais pas moins psychopathe du personnage de fond résonna à travers la nuit. L'enfant cacha sa tête derrière la porte, il se confondait avec l'obscurité à présent. La fille aux cheveux dorés, en entendant ces paroles qui lui étaient apparemment destinés, mit la main devant sa bouche afin de ne pas crier d'horreur, prit son courage à deux mains et tapa un sprint vers l'entrepôt. Le garçonnet se dépêcha de se cacher derrière un meuble en la voyant s'approcher de lui.
Elle ouvrit la porte de la bâtisse, à quelques centimètres de lui, pâle et murmurait ces quelques mots :
    — Si je suis dans mon endroit, peut-être serais-je sauvée... si je me fais comprendre, si je lui fait comprendre, je... enfin elle ne va pas me tuer... calme toi, calme toi...
Suite à cela, elle ne bougea plus et fixa l'entrée, résignée à lui faire face. L'étranger qui la poursuivait atteignit sa cible, marchant nonchalamment en traînant la faux sur le sol, son sourire toujours présent.
    — Je vais t'exterminer sale pute, je vais toutes vous massacrer.... comme ça je serais LA PLUS BELLE, BANDE DE SALOPES ! Viens par ici la truite, que je refasse ton petit minois !
    — A-attends ! ATTENDS ! Écoute moi, j-je... fais pas la même erreur que moi ! Je... sinon, tu vas te tuer, je suis to... toi... tu vois... enfin... !
Les deux parlèrent en même temps, tant et si bien que celle qui criait des injures n'entendait pas les explications de l'autre. Mais l'enfant, si. Il comprit. En effet, la personne à la capuche était aussi une fille. Lui aussi avait vécu une situation similaire, c'est pourquoi il saisit ce qu'il se passait. Il sourit.
    — Finalement, cette blondasse a bien sa place dans ce monde, se murmura-t-il en contournant sa cachette, son scalpel en main.
Il se faufila entre les meubles. Pendant ce laps de temps, l'agresseur sauta sur sa victime, agrippa les cheveux de l'autre et la rouait de coups dans un rire sordide, exaltant de plaisir. La jeune femme criait, hurlait. Le petit profita du vacarme pour se dissimuler derrière la folle et lui planter son scalpel dans sa côte. Sans une once de douleur, elle se tourna vers lui, enragée, lui prit la tête entre les deux mains et le plaqua violemment contre le sol. Elle lui asséna un tel coup qu'il en perdit connaissance.

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