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 [Roman] ♦ L'Envol Infernal [En cours]

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Night



Messages : 63
Date d'inscription : 19/04/2015

MessageSujet: [Roman] ♦ L'Envol Infernal [En cours]   Dim 12 Juil - 3:43

WARNINGS

Hey hey ! Voici donc l'un de mes romans, avec mon ancien style d'écriture ( de quand j'avais 7 ans ) mélangé à celui que j'ai actuellement. Autant dire que c'est un beau bordel, tout ça... Enfin ! Sachez, avant tout, que je ne garantis absolument pas de poster des chapitres régulièrement ( mes chapitres sont généralement longs, très longs, pouvant aller de 6 pages - de traitement de texte - à 15 pages, tout dépend du chapitre ), pour la simple et bonne raison que je n'ai pas forcément le temps d'écrire, d'avoir l'inspiration et la motivation, et le tout au même moment.

Ah et... Pour l'instant, il n'y en a pas... Mais sachez qu'avec moi, le sang est souvent là en pagaille. La violence aussi. Donc. Vous êtes prévenus. Pour les scènes sexuelles, je n'en suis pas du tout friand, mais qui sait... Oh. Bien sûr, pour ce qui est de la "violence verbale/vulgarité", n'en soyez pas surpris, hein... Il y en a.

Oh, aussi ! J'aime que tout soit parfait quand je poste, aussi, veuillez à bien lire ce que je mets ici... ! Si vous voyez un "OFF" en rouge, NE LISEZ SURTOUT PAS ! Lisez seulement si vous voyez un "ON" en vert, je vous prie...

ON




Chapitre I

           .La matinée se déroulait normalement. Courant de toute sa vitesse dans les Plaines Ardentes, la jeune louve profitait de la pente pour tenter de déployer ses ailes et prendre ainsi son envol. Son frère aîné la regardait faire pour la énième fois... Et il la regarda s'écrouler par terre pour la énième fois. La douleur causée par la chute lui fit reprendre forme humaine. Grommelant une fois de plus en reprenant sa forme animale, elle grogna ouvertement contre son frère qui aboyait de rire.

Waouh, joli ! Tu as failli te briser les deux ailes cette fois-ci ! Soeurette, tu t'améliores, je suis fier de toi ! Si tu intégres la Division Spéciale avec cette prestation de haut vol, je t'offre un repas au Bel Enfer !

La jeune femme se contenta de gronder à l'encontre de son frère. Elle remonta la pente et toisa la zone plate en contrebas. Oh qui si, elle allait y arriver ! Elle plaqua alors ses ailes duveteuses contre ses flancs et, pour la énième fois de la matinée, elle se remit à dévaler la pente. Au dernier moment, elle déploya ses ailes et réussit à planer dans les airs deux ou trois secondes, avant de se crasher lamentablement au sol. Une fois de plus...

Allez, ça suffit soeurette. À part développer les muscles de tes papattes de monstre, tu ne fais rien d'autre.

Encore une fois.

Soeurette, je vais te parler en tant que Lieutenant. Tu n'arriveras à rien comme ça, encore moins à intégrer la Division Spéciale.

... Frérot. Encore une fois.


Intraitable, la jeune femme remonta la pente encore une fois. Mais cette fois-ci, lorsque la zone plate du haut fut atteinte, elle recula de neuf ou dix foulées. Oh que si, elle allait y arriver. Aujourd'hui ou demain, peu importait, elle allait y arriver. Et puis, le Bel Enfer était un restaurant très réputé et elle commençait à avoir très faim. Autant joindre l'utile à l'agréable, non... ? Elle prit son élan sur la zone plate et s'élança en déployant ses ailes. Et effectivement, elle vola cette fois-ci. Et, pour la énième fois, elle chuta en s'écrasant lamentablement en contrebas.

Elle n'y arrivait pas. Elle avait juste réussi à tomber de plus haut sur l'épaule en voulant protéger ses ailes. Son frère se roulait par terre, aboyant d'un rire tonitruant, ce qui acheva de vexer la jeune femme. Elle grommela une injure en marchant en direction de la forêt. Tout ceci l'agaçait. Dans leur famille, ils étaient les seuls à être dotés d'ailes sous forme animale – en sachant qu'un loup ou un tigre n'avait normalement pas d'ailes, n'est-ce pas – et étaient considérés comme des maîtres des cieux sous leur forme animale. Et elle, à dix-neuf ans, elle ne savait toujours pas voler... Pareillement, dans la famille, ils arrivaient à dissimuler leurs deux queues – ils en avaient deux sous forme animale, histoire de se démarquer encore plus vous comprenez... – et leurs oreilles animales. Et elle, à dix-neuf ans, elle n'y arrivait toujours pas...

           La jeune femme reprit forme humaine à l'orée de la forêt, en se rhabillant au passage. Ses oreilles de loup fièrement dressées sur sa tête papillonnèrent un instant, et elle se retourna pour voir l'énorme lynx ailé qu'était son frère reprendre forme humaine à son tour. Elle le toisa, et ses deux queues de loup fendirent la douce brise qui se levait. La jeune femme était agacée. Elle marcha jusqu'à une souche et reprit son épée qu'elle rangea dans son fourreau. Fourreau qui lui barrait le dos. Elle remit sa bague en or sertie d'un petit saphir à son annulaire droit, et coiffa sa longue chevelure bleu nuit en une queue de cheval haute, le tout pendant que son frère se rhabillait à son tour.

- « Dommage, tu n'iras pas au Bel Enfer ce soir... », commença son frère, taquin. « Quoique, ça me fera économiser pas mal d'argent, c'est vraiment pas donné de manger là-bas. », finit-il en grimaçant.
- « Dis-moi ce qui ne cloche pas chez moi, frérot. », demanda-t-elle en ignorant totalement sa première remarque. « Mes ailes sont atrophiées ou quoi ? »
- « ... Avant de répondre à ta question, réponds aux miennes. As-tu déjà essayé de t'envoler sans prendre ton élan ? »
- « Non. »
- « Depuis combien de temps as-tu tes ailes ? »
- « Trois semaines. »
- « Dernière question, et la plus importante... À ton avis, pourquoi je dis que tu n'arriveras jamais à intégrer la Division Spéciale à l'heure actuelle, et encore moins les Corps d'Élites de cette Division ? »

Elle s'arrêta de marcher, en observant son frère d'un air agacé, lui lançant un regard qui traduisit à lui seul toute sa pensée. Pourquoi ? Pour la rabaisser, pour la railler, pour la moquer ou, cas plus improbable, pour la pousser à faire plus d'efforts et donc se surpasser. Encore plus agacée, elle expira bruyamment. C'était quoi cette question merdique ? Ce fut à ce moment-là qu'un serpent blanc de dix mètres de long, avec deux paires d'ailes, se dressa devant eux avant de changer de forme et prendre celle dite 'humaine'. Il s'agissait de leur mère, qui se rhabillait avec la robe qu'elle avait transbahuté dans sa gueule sous forme animale.

- « Tu n'y es pas, ma puce. Si Sky dit ça, c'est avant tout parce que les membres de notre famille sont considérés comme des maîtres des cieux, des virtuoses des airs. ... N'est-ce pas ? Si tu ne l'es pas, ils ne t'accepteront pas. », lança-t-elle, d'un ton bienveillant mais incisif à la fois. Son expression s'adoucit. « Allez, venez manger. Il est déjà treize heures. »

           La jeune femme, prénommée Midwinter, se tut en toisant sa mère. Merci, elle le savait déjà ça. Pourquoi s'entraînait-elle si dur jusqu'à un presque-évanouissement chaque jour ? La Division Spéciale était ce qu'elle visait. Et très précisément, c'étaient les Corps d'Élites de la Division Spéciale qu'elle visait. Pour la simple et bonne raison qu'ils n'avaient d'ordre à recevoir de personne, et qu'ils étaient bien les seuls d'ailleurs. Ils faisaient ce qu'ils voulaient comme ils le voulaient, et même s'ils avaient plus de responsabilités à cause de ça... Ils étaient libres, eux.

Brusquement, elle se mit à courir en dépassant très vite sa mère et son frère, qui soupirèrent. Oui... Les Corps d'Élites de la Division Spéciale étaient libres. Libres. Et surtout, ils étaient les seuls à pouvoir refuser une convocation de l'Armée. Et à vrai dire, c'était avant tout pour ce détail infime qu'elle voulait y entrer. Son père était un des sept Généraux, et il était très souvent absent. Elle le voyait environ trois semaines à l'année. Son frère lui, était toujours là, absent tous les après-midis cela dit. Autant dire qu'elle côtoyait les deux extrêmes dans l'Armée ; être toujours sur place ou être toujours ailleurs, parce que les ordres l'exigeaient dans les deux cas. Elle ne voulait pas de ça. Surtout pas.

Midwinter s'arrêta de courir et marcha dans les rues de Leïnes, son village, en ruminant toujours les mêmes pensées. En soi, Leïnes n'était qu'un amas d'arbres plus grands et plus imposants que les autres de la forêt, avec un arbre immense, nommé Arbre Protecteur, dont l'étendue du feuillage délimitait... le village. Les habitations comme les boutiques se trouvaient à l'intérieur des troncs et entre les racines, et les branches permettaient de naviguer d'une maison à l'autre. D'un pas de plus en plus rageur, la jeune femme ouvrit violemment la porte d'écorce de sa demeure avant d'aller s'enfermer dans sa chambre. S'asseyant sur le rebord de sa fenêtre, qu'elle ouvrit par ailleurs, elle tourna en boucle tous ses échecs de la matinée.

           - « Ma puce, viens manger. » cria sa mère depuis la terrasse.
- « Non. », répondit Midwinter, sèche.
- « Nous sommes sur la terrasse, ma puce. Ça va refroidir. »

Elle se contenta de grogner, sans bouger. Un quart d'heure plus tard, elle se leva, ouvrit la porte de sa chambre, et entama la longue ascension vers la terrasse, située dans les branchages qui émergeaient du haut du tronc. Elle ouvrit la petite trappe qui menait à la terrasse et s'en extirpa habilement et souplement. Le tout sans cesser de ruminer ses échecs de la matinée, pour sûr. Elle s'empara de l'assiette que lui tendit sa mère et alla s'asseoir confortablement sur une des branches principales, laissant ses jambes pendre dans le vide. En tournant le dos à la table et en n'étant plus sur la terrasse, cela allait de soi.

Son frère aîné et sa mère continuèrent alors leur discussion, essayant d'intégrer la jeune femme à de nombreuses reprises, ce qui se révéla être un échec cuisant. Elle les ignorait et mangeait assez rapidement en regardant l'horizon. De ce qu'elle pouvait en voir, du moins. Une fois son assiette finie, elle se leva pour la poser sur la table et s'éleva dans les branchages, jusqu'à se caler dans une souche confortable. Sky soupira bruyamment et sa mère en fit de même, beaucoup plus légèrement et silencieusement cela dit. Elle releva la tête vers sa fille, en la regardant fermer ses yeux. Signe révélant qu'elle ne voulait pas parler pour l'instant.

- « ... Ton père rentre dans une semaine, ma puce. D'ici là, reposes-toi. », dit alors sa mère.
- « C'est hors de question. Je continuerai cet après-midi. Et de toutes faç-... »
- « Soeurette. », l'interrompit alors Sky. « Arrête d'insister. »
- « Ton frère a raison, ma puce. Vas plutôt faire la vaisselle, s'il te plaît. »
- « ... Tu parles d'une famille... », rumina Midwinter en guise de réponse.

           Elle s'empara de la vaisselle, ouvrit la petite trappe et descendit jusqu'à la cuisine. En continuant de grogner toute sa frustration. Ni sa mère ni son frère ne semblaient comprendre l'importance qu'elle accordait à l'acte de voler de ses propres ailes. Littéralement parlant, bien sûr, elle n'avait pas encore la prétention de pouvoir vivre indépendamment des autres. Même si elle en avait ô combien envie... Midwinter posa ce qu'elle transportait dans l'évier, et s'apprêtait à faire la vaisselle. Mais, comme toujours, un malheur ne vient jamais frapper tout seul.

- « Mais c'est pas vrai ! », s'exaspéra-t-elle avant de hurler à l'intention de Sky. « Frérot ! T'as encore touché aux Branches Mineures ?! »
- « Mais ça va pas ? Pourquoi j'aurais fait un truc pareil ?! Commence pas à passer tes nerfs sur moi soeurette ! »
- « Hein ? D'où je passerais mes nerfs sur toi, espèce de con ?! Y a plus d'eau ! »

Elle entendit un bruit de dévalement de marches, à la manière d'un éléphant enragé et pressé, et son frère fit une irruption plutôt violente dans la cuisine. Le visage de Sky était calme et paisible, contredisant tout l'énervement que le boucan qu'il avait fait suggérait. Il s'avança vers l'évier construit dans le bois de l'arbre et se pencha en-dessous pour observer les Branches Mineures, celles qui acheminaient l'eau et le til, une matière qui avait des propriétés similaires au savon. Il dévissa un bouchon et de l'eau vint lui jaillir à la figure, ce qui le fit rire. Il attendit un moment que son rire, et l'eau, se tarissent et exécuta quelques gestes précis puis revissa le bouchon qu'il avait retiré.

- « Et voilà, réparé. Il faudra que tu nettoies toute la cuisine, par contre. Je dois aller travailler vu qu'il est bientôt quatorze heures. »
- « Connard... »
- « Hé, soeurette. Je crois que si tu n'arrives pas à voler, à léviter plutôt vu que tes plaies dorsales ne sont pas parfaitement guéries, c'est parce que tu te focalises que sur ça. Tu oublies quelque chose de très important, qui devrait t'aider à surpasser la douleur. Tu veux voler, c'est ça ? »
- « C'est quoi cette question de merde ?! Évidemment ! »
- « Parfait. Tu veux voler vers où ? »
- « ... Tu te fous de moi ? Ça m'avancerait à quoi de savoir vers où alors que je ne sais pas voler hein ?! »
- « Haha, elle veut voler tout en se persuadant qu'elle ne sait pas voler, sans savoir où elle va aller avec ses ailes par-dessus le marché, et elle s'énerve sur les autres de son incapacité et de sa douleur... Mentalité de merde, soeurette. Bref, réfléchis à ça en nettoyant la cuisine. À ce soir, petite indécise ! »

           Elle regarda son frère s'en aller au Quartier Général Militaire de Leïnes, yeux plissés, et finit par arquer un sourcil. N'importe quoi. Elle commença alors la vaisselle, non sans injurier l'univers de lui avoir donné un pareil grand frère. Un sourire doux aux lèvres, sa mère la regardait faire dans l'entrebâillement de la porte jusqu'à se décider à l'ouvrir.

- « Ma puce ? Je vais à la boutique. Vu les dégâts de la cuisine, je t'attendrai avant de la rouvrir. Ne tarde pas... »
- « Ouais, d'accord. ... Attends. Quoi ?! »

Sa mère s'était déjà sauvée. Elle regarda l'heure et grogna. Il était déjà quatorze heures cinq ! Et elle n'avait que peu de temps pour s'entraîner et... nettoyer la cuisine. C'était un complot. D'un pas rageur, elle descendit sept marches de l'escalier et ouvrit la porte du placard où étaient entreposés les ustensiles de ménage. ... C'était un complot. Ils ne voulaient pas qu'elle s'entraîne, ils voulaient qu'elle se repose... en nettoyant la cuisine de fond en comble et en travaillant encore plus avec sa mère. C'était ça leur plan ? Et bien soit. Elle allait tout nettoyer. Elle aura tout le loisir de s'entraîner après et de ne pas travailler l'après-midi à la boutique comme elle le faisait habituellement. Comme si elle allait s'avouer vaincue si aisément !

***


           - « Ma puce ? Tu peux t'occuper de madame, s'il te plaît ? »
- « Oui, bien sûr. »

... Pourquoi était-elle venue ici au lieu de s'entraîner, déjà ? Ah oui. Parce qu'elle avait dit qu'elle viendrait. ... Pas étonnant qu'elle ne soit pas acceptée dans la Division Spéciale avec un esprit aussi faible... Elle s'approcha de la cliente en question et, une fois dans son champ de vision, notre jeune femme se mit à sourire sincèrement.

- « Bonjour. J'ai entendu dire que vous raccommodiez certains vêtements et... », dit ladite Madame, en montrant l'état d'un gant en cuir.

Midwinter prit le gant entre ses doigts et observa le large trou présent sur le côté intérieur de l'index, ainsi que d'importantes rayures çà et là. ... Il s'agissait là d'un gant militaire. Son sourire s'agrandit dès lors et elle regarda la cliente.

- « Pour votre mari ou votre fils, je présume ? Je vais vous réparer ça. Vous souhaitez autre chose avant que je ne m'occupe de ce gant ? »
- « Pour mon mari, qui a voulu jouer les héros en attrapant une lame à main nues lors d'un entraînement. », répondit la cliente avec un sourire amusé. « Oui, si possible. Pouvez-vous me laisser vous regarder faire ? »

Midwinter regarda sa cliente avec un léger sourire moqueur, qui faisait comprendre son refus. Ben voyons, et puis quoi encore... Alors qu'elle allait ouvrir la bouche pour le signifier de vive voix, sa mère l'interrompit.

- « Je suis navrée, madame, mais c'est impossible pour vous de la regarder. Cela peut être dangereux, et les réparations pourraient être imparfaites. »
- « Quel dommage... Je suis Professeur à l'Académie de Ya-Ginkän, voyez-vous. Haha, ma demande peut paraître bien incongrue, en y repensant... »
- « Oh, je vois ! Auquel cas, pourriez-vous attendre la fermeture ? »
- « Naturellement. »

           La jeune femme repartit avec le gant dans l'arrière-boutique et vida son esprit. Se concentrant de toutes ses forces, elle ferma les yeux et récita mentalement son incantation de re-création. Elle la répéta à sept reprises, et une fois que le gant fut parfaitement réparé, elle sortit de l'arrière-boutique et tendit le gant à Madame en souriant.

- « Et voici, Madame. »
- « Incroyable... Si rapidement... ? La couture est parfaite et n'est même pas visible... C'est... »

L'hybride se contenta de sourire légèrement et de hocher la tête, avant de détourner son regard vers un nouveau client, de murmurer « si vous voulez bien m'excuser... » et de s'éloigner. Lorsqu'elle fut à hauteur du nouveau client, qui était là pour demander la fabrication d'une veste, elle sourit.

- «  Demandez à ma mère, alors. Tenez, elle est... »
- « Pourquoi ? Tu sembles tout aussi qualifiée que ta mère. »
- « Ici, je ne me charge que des réparations. Bref, si Monsieur veut bien me suivre... »
- « Jusqu'au bout du monde. »
- « Encore faudrait-il que le monde ait un bout, Monsieur. », lança sèchement et froidement notre Hybride, ses oreilles se planquant sur l'arrière de son crâne.

Elle se dirigea vers sa mère, encore en pleine discussion avec la Professeure, et lui tira légèrement la manche pour lui faire remarquer que le client était pour elle. Sa mère se détourna alors pour s'occuper de lui, tandis que Midwinter s'enferma dans l'arrière-boutique pour réparer un maximum de ce qu'il y avait sur les différentes tables. Elle s'empara de tout ce qu'elle avait besoin, le posa devant elle en ligne, devant le tas de vêtements à réparer. Elle prit le premier, et s'affaira dans son travail. Quand il s'agissait de décoloration, elle lançait le vêtement sur une autre table tout en grommelant.

- « Et aller, aimons avoir du travail en plus... »

           Au bout d'un moment, elle décida de fouiller dans le tas pour enlever tout ce qui était juste décoloré. C'est là qu'elle remarqua un uniforme complet de militaire, qui devait être entièrement réparé. Elle soupira et se leva, en prenant une craie blanc cassé au passage. Elle posa ses doigts sur un endroit précis du plancher, et ouvrit une petite trappe, qu'elle referma derrière elle. Elle atterrit entre les racines de l'arbre, dans une bulle de quatre mètres de rayon faite en cristal de roche. Elle se plaça au centre de la bulle, et lança l'uniforme en l'air. Sitôt après, elle se mit à composer une série de signes qui lui permirent de maintenir l'uniforme en l'air. À l'aide de la craie blanc cassé, elle traça un cercle en-dessous et au-dessus de l'uniforme.

Ceci fait, elle commença à réciter mentalement son incantation de re-création, en la répétant à de nombreuses reprises. Des perles de sueur ruisselèrent de son visage, et les deux cercles magiques illuminèrent la bulle de cristal de roche, et Midwinter se mit à réciter son incantation de vive voix. Au bout de quinze minutes, lorsque les cercles magiques disparurent, elle reprit l'uniforme militaire, ouvrit la petite trappe et s'extirpa de cet endroit pour retourner dans l'arrière-boutique. Elle regarda l'heure sur l'horloge et soupira grandement. Cela faisait près de trois heures qu'elle travaillait, mais là, ce qu'elle venait de faire l'avait passablement épuisée. Elle grogna alors. Ils voulaient tous qu'elle s'épuise au travail et pas à l'entraînement. Ils voulaient saper toutes ses chances d'entrer dans les Corps d'Élite de la Division Spéciale, quoi...

Ce n'était pas ça qui allait l'entraîner à voler, bon sang. Elle s'empara des vêtements décolorés, et s'affaira à les réparer. Enfin, elle devra les laisser tremper dans leur teinture et laisser la magie du pentacle du bac à teinture faire son effet. Et pendant tout ce temps, elle était obligée de rester plantée là, pour vérifier que tout se déroulait correctement. Ben tiens, comme si cela allait changer... En soupirant, elle tira son tabouret vers la table où trônait le bac, et elle fixa les vêtements qui reprenaient petit à petit leurs couleurs. Une fois que la magie eût totalement opéré, c'est-à-dire quarante-cinq minutes plus tard, elle sortit les vêtements un à un, et se contenta de les plier et de les mettre sur la table des commandes effectuées.

- « Ma puce ? Il est déjà dix-huit heures trente. Karen t'a attendue jusque là, alors... »
- « Maman, ça fait la énième fois qu'elle vient me voir pour me demander la même chose. Et ma réponse est toujours la même ; c'est non. »
- « Ma puce. Tu vas la voir, maintenant. Je ferme la boutique, une fois que tu en as fini avec elle tu reviens à la maison. », dit-elle, tout en se dirigeant vers les portes de la boutique, qu'elle ferma. « Et n'oublies pas, c'est toi qui met la table ! »

           Midwinter se mit alors à grogner de façon très élégante et se tourna vers la Professeure, qui attendait patiemment, adossée au tronc de l'Arbre. L'hybride la rejoignit, non sans arquer un sourcil d'irritation. Ça ne tiendrait qu'à elle, elle la rembarrerait vite fait bien fait, et elle rentrerait sans plus tarder. Décidément, rien ne se passait comme elle le voulait, aujourd'hui. Comme toutes ses journées antérieures, mais ça...

- « Je vous préviens, je suis fatiguée, donc faites vite. », lança notre jeune femme d'un ton sec.
- « Laisses-moi mesurer ton spectre magique. »
- « C'est hors de question. »
- « Alors laisses-moi... »
- « C'est non. »

Midwinter recula d'un pas, s'apprêtant d'ores et déjà à partir. Au risque de se faire écharper par sa mère, mais ça...

- « Et pourquoi ce serait non, mhm ? »
- « ... Ce ne serait pas non, Madame, c'est non. Je n'aime pas me répéter. »
- « Aurais-tu des choses à cacher par hasard... ? », lança-t-elle, non sans un sourire amusé.

Autant dire que cette réplique ne plut pas du tout à notre hybride, qui ne put s'empêcher de lui sauter à la gorge. S'il n'y avait que par la violence qu'elle allait comprendre, et bien soit. ... Où était passé la Madame ? Elle était adossée au tronc de l'Arbre mais... Midwinter se retourna. La Professeure était un mètre devant elle, là où l'hybride se trouvait quelques secondes auparavant.

- « J'en déduis que tu as des choses à cacher. », conclut la Madame avec délice.
- « ... Vous êtes sûre que vous êtes Professeur ? Parce que sinon, vous devriez savoir qu'on ne montre jamais son spectre magique à quelqu'un qu'on ne connaît pas. »
- « Sauf si cette personne est un Professeur, qui n'a donc forcément aucune mauvaise intention. »
- « Ben voyons. Vous croyez que tout vous est permis parce que vous êtes une Professeure ? J'ai dit non, donc c'est non. Point. C'est la dernière fois que je le répète. »
- « Si je veux connaître ton spectre magique, c'est pour être ton mentor au sein de l'Académie. »
- « Sans me dire que je serais votre élève si je vous le montre ? Je refuse d'être l'élève d'une Professeure qui ne m'a pas été présentée par mon père. Point barre. Continuez et je vous balance un éclair dans la gueule. »
- « Il suffirait donc que je me présente ? Je suis l'une des Professeurs de Magie de l'Académie Ya-Ginkän, Karen Xun Naïlys. Et accessoirement, je suis aussi... »
- « Si vous tenez tant à me saoûler, votre insistance sera donc récompensée...»

Sans plus de forme de procès, Midwinter leva son bras vers le ciel et un éclair vint tomber droit dessus. Elle récita mentalement une Incantation, tandis que la Professeure commençait déjà à dresser ses défenses. Mais rien à faire, notre jeune femme l'attaquerait tout de même, que son adversaire soit une Professeure aguerrie n'y changerait rien. L'éclair tombait toujours sur notre hybride, et à la fin de son incantation, elle pointait son index vers la Professeure. Et son éclair, avec toute la charge qu'il avait accumulé en Midwinter, alla s'écraser contre les défenses de Karen.

_________________
La pire erreur qui soit c'est précisément de ne pas en faire.
~ La Nuit, Chapitre IV de la Puissance Destructrice écrit par Night ( moi-même, so ) ~
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