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 [Roman] ♦ Le Corollaire du Cosmos [En cours]

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Cosmic

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MessageSujet: Re: [Roman] ♦ Le Corollaire du Cosmos [En cours]   [Roman] ♦ Le Corollaire du Cosmos [En cours] - Page 2 EmptyMar 29 Nov - 22:12

Chapitre Vingt-Cinq

En retournant dans les appartements bleus qu’occupaient Siegfried et sa garde, Felix traversa le salon sans adresser un regard à son roi ni à son invité déjà un peu éméché et se réfugia dans la chambre pour être un peu seul. Il savait que se rendre seul dans la chambre de Rose était une erreur mais il l’avait fait tout de même. Toutefois, il avait pu avoir la preuve qu’elle était capable de voir des événements qui remontaient à plusieurs décennies. D’après la réaction de la jeune femme, elle l’avait vu se tailler les veines du poignet. Felix avait été terriblement frustré ce jour-là car à peine avait-il taillé dans sa peau qu’elle se refermait déjà. De nombreuses tentatives s’étaient alors succédées par la suite et de façon plus brutales les unes que les autres. Seuls n’en étaient restés que la douleur et le désespoir.

Tu es un monstre. Jamais il n’oublierait cette phrase. Elle revenait le hanter à chaque fois qu’il pensait trouver quelqu’un qui le comprendrait, qui verrait la personne qu’il est avant de voir… le monstre que le Cosmos avait fait de lui. Rose ne l’avait pas jugé lorsqu’il lui avait montré son étrange pouvoir. Elle ne l’avait pas non plus jugé en apprenant qu’il avait tenté de se donner la mort alors qu’une telle action était un péché pour les Sionois. Il la voyait toujours l’observer avec curiosité mais son immortalité n’avait rien à voir là-dedans. C’était du moins ce qu’il pensait. Selon lui, elle avait du mal à accepter que le vieil homme qui s’était présenté à elle quelques mois plus tôt et le jeune homme qu’il paraissait ne formait qu’une seule et même personne. La première fois que Felix avait posé les yeux sur elle, il s’était trouvé fasciné par cette demoiselle dont la dignité n’était pas écorchée alors qu’elle ne portait que des guenilles et vivait dans une maison délabrée qui n’était autre que sa prison.

Il baissa les yeux vers ses mains ouvertes qu’il ferma ensuite lentement pour serrer les poings. Chaque année, à la même période, il se mettait à broyer du noir et passait ses journées à dormir plus que de raison. Cette année, il n’avait pas le temps de dormir. Siegfried se trouvait loin de Brynhildr, Rose devait être protégée d’elle-même et des autres, puis il y avait aussi Vega qui attendait d’être secouru, du moins s’il était toujours en vie comme le prétendait Siegfried. Un voyage vers les Terres d’Obsidienne, voilà qui ne lui donnerait pas envie de dormir. Le danger serait partout.

On toqua à la porte de la chambre, le bruit le tira de ses pensées. Haakon entrouvrit la porte, Felix hocha légèrement la tête et son ami entra avant de refermer derrière lui. C’était certainement Siegfried qui l’avait envoyé le voir. Dans la pièce voisine, celui-ci riait à gorge déployée en compagnie d’Ilan et des quelques gardes restés en faction dans les appartements.

« Qu’y a-t-il ? demanda Felix à son ami qui se posta par réflexe près de la fenêtre.
- Tu es allé voir Rose, n’est-ce pas ?
- En effet. Et non, elle ne veut toujours pas nous accompagner. Je ne sais pas à quoi joue Siegfried en tentant de lui forcer la main. Tout à l’heure, il a même fait semblant de ne pas comprendre qu’elle avait peut-être simplement peur de quitter son royaume.
- Penses-tu qu’elle ait vraiment peur ?
- Non. Je dirais plus qu’elle s’obstine à refuser de croire ce que l’on peut lui dire. Elle se méfie de Siegfried. Je ne lui en voudrais pas, je l’ai moi-même mise en garde contre lui.
- Il n’a pas mauvais fond, remarqua Haakon de sa voix rocailleuse. C’est juste qu’il est… qu’il est…
- Je sais et cela m’agace encore plus. »

Haakon croisa les bras et se mit à regarder le jeune homme fixement. Il le connaissait depuis suffisamment longtemps pour savoir que Felix faisait exprès de contourner le problème. Or, ce n’était pas vraiment son genre. Après tout, on parlait bien du général dont la tactique de prédilection était l’attaque frontale.

« Cesse de me regarder de cette façon, lui intima Felix visiblement mal à l’aise. Je sais à quoi tu penses. Je sais.
- Alors pourquoi comptes-tu ne rien faire ?
- Parce qu’il n’y a rien à faire.
- Tu n’es qu’un idiot. »

Felix roula des yeux et Haakon quitta la chambre pour le laisser méditer seul sur cette déclaration des plus sommaires mais aussi des plus éloquentes. Haakon n’avait de cesse de le traiter d’idiot depuis qu’ils étaient arrivés en Sion. Étrangement, il avait fini par s’y habituer. Après tout, il ne voyait pas comment il pouvait contester cela.



Le lendemain, alors qu’il revenait de sa ronde matinale, Felix eut la surprise de voir Rose assise dans le salon en compagnie de Siegfried. Leurs regards se croisèrent et Felix s’inclina poliment, comme il était censé le faire devant une reine. Il ne pouvait céder aux familiarités qu’il s’était permises la veille. Elle lui adressa un bref sourire. Elle avait l’air tendu. Cela avait-il quelque chose à voir avec Siegfried ?

« Ah, te voilà enfin, se réjouit ce dernier en se levant pour l’inviter à s’asseoir parmi eux. Nous t’attendions justement.
- Pourquoi ? demanda-t-il en prenant place dans un fauteuil.
- Nous allons enfin chercher ce brave Vega.
- …
- Quoi ? Pourquoi fronces-tu les sourcils ?
- Plutôt que d’aller à cette conclusion, passe d’abord par le cheminement. Pourquoi dis-tu que nous allons chercher Vega ? Tu n’es même pas certain qu’il soit encore en vie. Et puis je te rappelle que cela nous fait aller dans les Terres d’Obsidienne.
- Tu étais partant hier. Tu parlais même de se jeter dans la gueule du loup, je te rappelle.
- Je sais ce que j’ai dit. Et après, on dit souvent que c’est moi qui radote alors que c’est vous qui ne comprenez jamais rien.
- Ce vous m’inclut-il aussi ?
- Des fois, déclara Felix en haussant les épaules. Le pire, c’était ton grand-père. Il fallait toujours que je lui réexplique les chose une dizaine de fois. Et la plupart du temps, il comprenait de travers. C’est principalement à cause de lui si j’ai pris l’habitude de répéter les choses.
- Euh… je ne voudrais pas vous interrompe mais vous vous écartez du sujet, messieurs, intervint Rose plutôt timidement.
- Veuillez l’excuser, Votre Majesté, répondit Siegfried, ce à quoi Felix répondit par un roulement d’yeux.
- Monsieur Pierce, j’ai choisi de vous accompagner malgré mes réticences. Vous dîtes que ma présence à vos côtés pourrait stopper le fléau qui touche les mages de mon pays et de bien d’autres, n’est-ce pas ?
- Pas seulement les mages, mais oui, en effet, confirma Felix. En revanche, comment comptez-vous palier à votre absence ici ?
- Je compte m’occuper de cela d’ici la fin de la semaine mais je pense que tout devrait bien se passer.
- Vous en avez eu une vision ?
- Non, j’ai seulement confiance en mes choix. »

Confiance en ses choix. Felix n’était pas certain qu’elle sache véritablement ce que cela impliquait. Elle risquait de tomber des nues une fois que ce serait trop tard. Siegfried souhaitait absolument qu’elle les accompagne mais Felix était quant à lui partagé sur la question. Elle serait certainement plus en sécurité avec eux et ses visions pourraient leur être utile mais il éprouvait certains remords à l’arracher à un pays qui devait encore s’habituer à la considérer à sa tête. Le voyage serait périlleux et inconfortable, Rose aurait donc beaucoup de difficultés à suivre le rythme. Il l’avait certes entraînée à marcher sur de longues distances dans la boue ainsi que dans la neige mais le résultat ne lui donnait pas encore satisfaction. Toutefois, au cours de ces derniers mois, Felix avait pu juger de son caractère et la jeune femme se révélait capable de beaucoup de choses lorsqu’elle en avait la volonté. Puis elle avait la tête sur les épaules. Il se souvenait clairement de la réaction de Rose dans la cathédrale, alors qu’il se battait contre l’ennemi et se faisait blesser par leurs épées. Aucun cri n’était sorti de la gorge de la reine, pas la moindre effusion de larmes, même pas un mouvement de panique.

« Felix, es-tu toujours parmi nous ? l’interpela Siegfried pour le tirer de ses pensées. A quoi penses-tu ?
- Rien qui soit pertinent à l’heure actuelle. »



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